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Cleopatra Lorintiu « Actualités »
La
loi
sur la lustration dans les ex-pays communistes ou "Les fantômes du passé"
Written by Cleopatra
Lorintiu
Thursday,
02 August 2007
Guérir après les coups durs de l’histoire, ce n’est pas
facile... Préoccupés par toutes les difficultés des changements, les ex-pays
communistes ont du mal à clarifier les choses et à se sortir d’une véritable
spirale d’accusations, de vengeances, ou de justice réelle.
Dans tout ce dessin compliqué, les influences de l’extérieur ajoutent un degré
de difficulté à cette nouvelle démarche.
Lui, l’arbitre parfait, pas impliqué, sans rancunes, sans partis pris, sans ces
« dettes morales » ni d’intérêts financiers n’existe pas pour le moment.
« La société civile », reste un terme trop vague pour l’instant, même les vraies
consciences, les vrais dissidents ont du mal à faire passer parfois le message
(voir le cas Geremek, en Pologne).
Par exemple en Roumanie, un projet de loi de lustration a été déposé au
Parlement.
Peu après, l’une des initiatrices, Mona Musca, la parlementaire libérale, à
l’époque ministre de la culture, vient de se confronter avec un problème
personnel : elle-même est accusée d’avoir collaborer à l’époque avec les
Services de renseignements, en offrant des informations concernant les étudiants
étrangers, qui étaient alors, ses propres étudiants.
Dans ces circonstances, le pari de cette loi, est loin d’être gagné !
La ligne de démarcation entre les faits est trop fragile.
Qui est suffisamment « pur » pour pouvoir prendre ce fardeau ?
Qui a été vraiment obligé de collaborer et qui l’a choisi de bon cœur pour
obtenir des promotions, pour voyager à l’étranger ou pour avoir tout simplement
quelques avantages ?
En se partageant la société comme un grand gâteau, les services secrets
d’aujourd’hui, manipulent maintenant toutes les ficelles : la petite
collaboration d’un professeur et plus médiatisée que toute l’activité de
centaines d’officiers, eux même obligés à l’époque de commettre des actes graves
comme : délations, procès arrangés à l’avance, atteintes graves aux libertés
individuelles, interdiction de s’exprimer, surveillance des citoyens sans motif
précis afin d’entretenir un climat de peur, de terreur, de suspicion.
On assiste aujourd’hui à un vrai spectacle qui fascine les Roumains comme une
sitcom : une direction d’études des dossiers de l’ancienne « Securitate»
elle-même, fait l’interprétation des dossiers, donne des verdicts (coupable pas
coupable, poursuite, collaborateur…) dans une danse de la dégringolade, égalée
peut être seulement pas les morceaux de puzzle de la « Stasi », de l’ex
Allemagne de l’Est !
Pourquoi la société ne peut-elle pas guérir ? Pourquoi les Roumains ne
peuvent-ils pas, tout simplement, oublier, dépasser ce moment ?
C’est le facteur économique et politique qui les y empêche.
Confrontés avec une certaine pauvreté (le niveau de la retraite peut se placer
parfois en dessous de 100 euro) les Roumains constatent tout simplement que ceux
qui se sont enrichis, les très riches, les millionnaires en euro, sont, en ce
moment, dans une grande proportion, ceux qui ont profité largement d’une manière
ou d’une autre, des avantages du système communiste.
Cleopatra Lorintiu
Journaliste - Bucarest (Roumanie)
Publication sur le site
www.cleopatra-lorintiu.com
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