Cleopatra Lorintiu  
 
 

    

     
 
Cleopatra Lorintiu est écrivain, poète, journaliste, chroniqueuse, éditrice, productrice, réalisatrice TV, grand reporter et ex diplomate
   
 
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Cleopatra Lorintiu « Géopolitique suite  »

„Nul ne conteste aujourd’hui que la menace terroriste est l’un des principaux enjeux du XXI ème siècle. Nous sommes confrontés à une idéologie radicale de nature nihiliste, qui prône exclusivement la destruction totale de l’autre. Si elle n’est pas maîtrisée, cette situation peut devenir la guerre de Cent Ans des temps modernes.”

Quand le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière posait ce diagnostic, ce n’était pas du tout une figure de style ! Les historiens observent fréquemment le caractère répétitif de l’histoire. Les religions gardent toujours la capacité de pousser le caractère obsessionnel et illogique de l’être humain, en opérant avec les concepts subtils de la révélation et du mystère divin.

L’intransigeance religieuse et le manque de tolérance, les grands dangers de l’humanité des deux derniers millénaires, restent intactes, peu importe l’avance des sciences humaine ou la diversité des théories, parce que la logique est la plupart du temps, parallèle aux religions et leur capacité d’accepter des alternatives, reste aussi très limité. On parle d’une « confessionnalisation »de la politique d’aujourd’hui qui a pris de court les démocraties occidentales. Parfois on a oublié trop vite que la religion a toujours été cheville au corps et au cœur des hommes et des peuples. Donc, les religions comblent le vide idéologique de ce troisième millénaire et redeviennent le mobile puissant de l’action à l’échelle planétaire et dans les conditions de cette puissante globalisation.

Quel est le résultat de l’accumulation de tant des frustrations nationales, identitaires, économiques ou linguistiques ? Cette confrontation qui prend l’aspect d’une menace : l’intensité est nouvelle, la menace ancienne.

Parler de l’intransigeance des religions est d’ailleurs un autre thème de réflexion. Mais dans ce monde global, l’une d’entre elles fait toujours la « une »des journaux !

Le paradoxe c’est que plus on parle d’elle, plus elle est moins connue et moins compréhensible pour les autres. Plus se font ressentis ses effets lointains, meurtrières, dévastatrices dans la société de la globalisation d’aujourd’hui, plus elle reste fermé et incompréhensible pour les autres, comme dans un jeu oriental insaisissable.

Religion partagée par un milliard de croyants, l’Islam est l’objet d’un regard réducteur de la part des non musulmans. Il y a des chercheurs qui soutiennent que les idéologies séculières portent une grande responsabilité dans le retour en force du phénomène religieux et ça, dans la mesure où elles ont coupé l’homme de ses racines et brouillé ses repères.

Mais, ce n’est pas trop difficile à trouver des fautifs dans ce monde ! Dans ses études Joseph Yacoub, grand théoricien des religions dans le monde d’aujourd’hui , met en lumière le divorce qui est allé croissant entre un Orient communautaire, où la foi n’a jamais perdu son rôle essentiel, et un Occident jugé comme « individualiste » où triomphe « l’impérialisme du sujet ».

Les choses se compliquent singulièrement aujourd’hui dans la mesure où l’Autre est dans nos murs : « L’Orient est désormais en Occident .Si on éternue à Islamabad, on attrape la grippe à Bradford. Si on réprime le Kurde en Turquie, il se défoule en Allemagne ».

Les mouvements religieux ethno identitaires montent en puissance aux quatre coins du monde. L’islam occupe une place de choix dans cette géopolitique des religions et les démographes nous annoncent qu’en 2025 les musulmans seront 1,5 milliard et que l’Islam sera la première religion du monde (1).

Religion des lumières et de la sagesse, l’islam est confronté aujourd’hui au grand mélange et amalgame quand il s’agit d’être compris par des autres, les autres ceux qui ne le partagent pas !

On dirait que ce poids du sacré conduirait les penseurs occidentaux contemporains à considérer le monde que sous l’angle des clivages religieux. Georges Corm, économiste libanais, s’étonne d’ailleurs que cet univers si divers de l’aire arabo-turco-persane, et au delà une partie de l’Extrême Orient, soit groupé sous le seul vocable de « monde musulman » !

D’un syntagme à l’autre, la distance n’est pas si grande. Du « monde musulman » au « danger islamique » il n’y a beaucoup du terrain à parcourir !

On sait que le « danger islamique » prend la place du « danger rouge », en visible perte d’intérêt et de vitesse.

Si ce changement de cible est compréhensible dans un monde construit sur les principes de la bipolarité, la politique américaine du Grand Moyen Orient devient de plus en plus un concept autoritaire, global et, en même temps, dans une perte de substance. Ses paramètres géopolitiques dévoilent de plus en plus leur manque de plausibilité. (2)

Comme les États-unis ont consacré leur intérêt pendant les dernières décennies du XX siècle au Grand Moyen Orient, « la plus importante zone stratégique du monde » comme disait Eisenhower, c’est toujours les États-unis qui, en accordant tant d’intérêt, ont stimulé les conflits : par cette attitude de longue haleine, la globalisation d’une approche envers l’islam a été obtenu assez vite et assez facilement.

Il faut reconnaître d’abord que l’Islam politique, (qui nous rappelle le pouvoir absolu de l’église dans l’État du Moyen Age européen), avec ses rivalités intérieures (sunnisme/ shiisme) garde la capacité réelle de rassembler dans le virtuel ses croyants mais aussi fait possible l’existence d’un sort d’action qui comporte des têtes indépendantes, un réseau de type sépia qui se relaie, parfois, même sans se connaître entre eux.

Al Qaida, nouveau type d’organisation terroriste, déjà refondue depuis le 11 septembre 2001 est un entrelacement de micro réseaux enfouis au cœur de la « matrice » globale, celle du réseau complexe des relations sociales, économiques culturelles internationales.(3)

Formée d’une nébuleuse de sous groupes plus ou moins actifs dans plus de 55 pays, entraînés dans les camps de l’organisation au Soudan et en Afghanistan, Al Qaida est en effet une microsociété virtuelle dont la seule fonction consiste à entretenir au plan international des liens financiers, humains et opérationnel, de préférence limités dans le temps, afin de mener des actions terroristes. Cette collection de nodules répartis dans le monde, fait de l’organisation une sorte de premier « Internet criminel » du XXI siècle.

Car, comme Internet Al Qaida n’est qu’un support technique et idéologique, une matrice capable de mettre en relation les membres d’une communauté virtuelle, conçue d’une telle manière pour pouvoir survivre à la destruction de n’importe branche géographique. La mondialisation d’Al Qaida va de pair avec une mondialisation du djihad. En même temps on ne peut plus affirmer aujourd’hui qu’un état ou autre soutiendrait explicitement le terrorisme islamique. Aucun pays ne le revendique ouvertement. (4)

Une petite incursion dans l’histoire de ce mouvement peut nous aider dans notre démarche : celle de comprendre comment la globalisation peut « soutenir » le développement d’un danger.

En pleine guerre antiterroriste planétaire Oussama Ben Laden, le chef terroriste saoudien se trouve toujours quelque part entre le Waziristân pakistanais et le sud afghan, en effrayant un monde et en allumant l’esprit d’une fraction d’islamistes.

Disciple de Hassan Ibn Sabbah (le père de la secte islamique des Assassins au XI siècle), Oussama Ben Laden est le nom d’un symbole fatidique pour l’Occident et en même temps « le vieux de la montagne » des temps modernes pour les musulmanes. (5
De là-bas, privé des ses téléphones portables dont ils ne se séparait jamais auparavant, il communique parfois avec l’extérieur et des centaines de djihadistes dispersés dans le monde entier semble attendre ses ordres.

En écrivant un livre sur le réseau Al Qaida et son maître, Roland Jacquart et Atmane Tazaghart ont suivi ses traces, ses amitiés, ses réseaux contrôlés , en décrivant l’histoire secrète de la traque d’Oussama Ben Laden .

Ce personnage est le premier profiteur de la globalisation, sans ça et dans un monde antérieur, son nom ne dépassait pas la frontière d’une info dans les journaux.
La tactique a changé, en s’adaptant aux nouveaux défis : les nouvelles brigades djihadistes opèrent maintenant de façon décentralisée.

Il n y a pas la pression du temps, il y a seulement le but à attendre et même le
droit de définir les objectifs régionaux du djihad et d’obtenir les moyens nécessaires pour agir et vaincre.

Même la logique a changé dans ce processus de décentralisation : on parlait avant d’un djihad mondial et d’une direction centralisée autour d’un organigramme terroriste classique du type pyramidal. Maintenant, ils font appel à une nouvelle manière de fonctionnement, inspirée des nouvelles donnes de la mondialisation de l’économie et des moyens de communication.

Causes et effets, on observe facilement comme la globalisation catalyse chaque mouvement initié, même s’il est la suite (monstrueuse) d’une réaction immédiate.
Face a ce danger évident et a cette menace complexe le gouvernement américain a mobilisé (à partir des années 1990 et spécialement après le 11 septembre un « Internationale des renseignements » capable, (ou susceptible) à couvrir la menace terroriste islamiste.

Agissant au niveau des populations pauvres, démunies, des enfants orphelins d’une manière dévastatrice comme la plupart des religions, l’islam peut etre capable d’un lavage des cerveaux totale et définitif, poussant les gens à mourir en martyr (6) dans tous sortes d’attentats.

La notion d’attentat suicide (comme nous appelons par exemple les nombreux kamikaze) n’est pas « adéquate » considèrent les musulmans car « Dieu pourrait toujours intervertir dans l’ordre des choses ».

Mais la pauvreté n’est pas du tout une explication : Il faut pas oublier que l’attaque contre le QG de CIA le 25 janvier 1993 a été l’œuvre d’un seul homme, armé décidé de venger d’une manière choisi par lui-même « Je voyais tous les jours à la télévision les images des victimes musulmanes à travers le monde, pendant la guerre de Bosnie ou lors des raids américains contre l’Irak. Sans parler des Palestiniens opprimés et tués par l’occupant israélien. J’étais révolté de voir la superpuissance américaine qui laissait faire, quand elle n’était pas elle –même, le commanditaire des massacres et des complots contre les musulmans .Jusqu’au jour ou j’ai décidé de me venger de l’Amérique ». (7)

Mir Aimal Kasi, issu d’une famille pachtoune richissime, diplôme en lettres à Islamabad, émigré aux États-unis à 25 ans ou il change son nom en Kansi et achète un green card. Pour le jeune, le rêve américain est tourné au cauchemar. C’est lui l’auteur d’un acte isolé en attaquant le siège de CIA en filant après l’assaut et en quittant le pays.

Pour « laver » cette offense (c’est étonnant comment un seul homme peut attaquer le QG de CIA, et après peut aussi s’enfuir et quitter le pays !) La CIA s’est lancé dans une traque de plus de quatre ans dans les montagnes pakistano afghanes à la recherche de Kasi. En partant de ça est ce qu’on peut dire que l’escalade des événements est parti d’un acte isolé ? D’autres analystes refusent les explications trop simples, les fausses vérités énoncées sur les causes et responsabilités du 11septembre , explications des motivations idéologiques et des calculs de Ben Laden : l’attaque du 11 septembre ne fut pas une revanche du Sud opprimé sur le Nord, capitaliste, opulent. Ce serait oublier qu’Al Qaida est financée par Ben Laden, héritier d’une des familles les plus riches d’Arabie saoudite et homme d’affaire ultra libéral.

Ce serait réduire le Sud au seul monde arabe musulman qui grâce aux ressources en pétrole serait à l’abri de n’importe quel coup boursier. On considère parfois cette interprétation « tiers-mondiste simpliste et fallacieuse », comme d’autres explications de la politique des néo conservateurs.

L’infiltration des futurs terroristes et leur apprentissage en pilotage étaient antérieure l’arrivé au pouvoir de la famille Bush. Une autre théorie, difficilement à contredire, est celle que Ben Laden a instrumentalisé la cause palestinienne pour obtenir le soutien du monde musulman. Les États-unis auxquels on a reproché d’avoir créé Ben Laden et « jouer les apprentis sorciers » en armant les talibans à partir des années 1989 serraient d’une façon ou d’autres responsable de cet escalade , une globalisation d’un conflit qui part de chez eux pour s’installer un peu partout. Le choc des civilisations n’a pas eu lieu vraiment : le 11 septembre ne fut que l’agression d’un certain islam contre un occident judéo chrétien perçu comme « lâche et décadent ». (8) L’idéologie de Ben Laden s’appuie sur un islam dévoyé, imaginé par des doctrinaires dont le rigorisme conduit à prôner une guerre totale contre les infidèles et par extension contre les musulmans hérétiques.

C’est l’analyse des mutations post 11 septembre qui nous dévoiles des choses étonnantes : la naissance de la « légion étrangère » d’Al Qaida , un nouveau type d’émirs convertis,d’origine occidentale qui est l’aboutissement d’un long processus de transformation amorcé au lendemain de la chute de sanctuaire afghan qui accueillait auparavant les camps d’Al Qaida(9).On parle des djihadistes étrangers de la première génération, des « talibans français et américains », des envoyés spéciaux djihadistes en Occident, et de l’Europe comme « émirat décentralisé du djihad » .
La multitude des situations conflictuelles complique extrêmement le Grand Moyen d’aujourd’hui, qui devient un tissus d’intérêts de plus en plus complexe, dans lequel l’élément de la politique énergétique a son importance.

En lançant un autre concept réducteur : « l’axe du mal » la politique américaine a trouvé un moyen simpliste de trancher la situation , une sorte d’explication préfabriqué bonne pour Monsieur tout le monde mais qui a démontré toute son insuffisance et tout son manque de profondeur.
En effet, le concept n’est pas tout neuf, si on se rappelle le concept de l’Empire du mal que désignait Reagan à propos de l’Union Soviétique !

Le Moyen Orient devient en ce moment la pour la propagande américaine un « axe de mal » contenant des états voyou qui s’érigent en terroristes ce qui légitime l’expansion de l’entreprise néo conservatrice américaine. (10)
N’oublions pas que « The Project for the New American Century » qualifie la direction américaine bonne à la fois pour les États-unis et pour tout le monde, il souligne la nécessité de la force et des principes moraux, et l’importance de la direction globale en s’inspirant toujours de la même théorie de Huntington, le choc des civilisations.
Concept reconnu mais pas accepté partout par exemple dans son étude sur La désinformation, inversion du réel Hichem ben Yaiche chercheur à l’IRIS- Paris affirme que les néo conservateurs US ont toujours cherché, ces dernières années, à « punir » d’une manière ou d’une autre la France pour s’être démarquée des États-unis sur l’Irak, notamment. Pour ce faire, ils ont trouvé des relais efficaces.
« …un petit groupe de personnes venues d’horizons politiques et géographiques très divers participe aujourd’hui à ce qui ressemble fort à un vaste plan de communication destiné à influencer l’opinion dans un sens « bizarrement » favorable aux thèses néo conservatrices américaines ». L’objectif est de « vendre » l’idée de « choc des civilisations » en France.

En allant plus loin, le prestigieux analyste de l’histoire des conflits armées du monde, Jean- Paul Charnay ,désigne le 11 septembre 2001 comme le moment décisif de la globalisation d’une approche simplificatrice : l’ islam comme ennemi désigné. « La guerre américano islamiste serait-elle la projection stratégique de la thèse trop simplifié de Huntington sur le choc des civilisations ou inversement ? » se demande Jean -Paul Charnay .En remarquant que le 11 septembre 2001 les États-unis d’Amérique « cette puissance qui n’a pas de nom propre» dit l’historien, ont recueilli la quasi unanimité dans la reconnaissance de leur juste défense guerrière, du Vatican aux pays musulmans, sauf l’Irak et s’interrogent toujours : est qu’ils sont attaqués par un seul homme, Oussama Ben Laden , trop personnalisé ou par une nébuleuse de réseau terroristes disséminés partout dans le monde ?

N’oublions pas la grande capacité de changement de ces groupuscules terroristes comme d’ailleurs a observé John Mac Gaffin. (11) Selon lui, le « Bureau » américain est totalement inadapté à la collecte de renseignement offensifs et, par conséquent, incompétent en matière de lutte anti-terroriste. « Tout d’abord, il faut cesser de surestimer notre capacité à bloquer toute attaque, il est urgent de réorienter les ressources humaines, financières et opérationnelles vers la collecte de renseignements. Seul un effort considérable dans ce domaine pourra permettre à nos agents de prévenir ce type d’attentats gigantesques. (…)Les leaders d’Al Qaida ne se laisseront pas faussement impressionner encore longtemps par les roulements de mécaniques de Washington. »

Le dilemme semble être posé : un « géopolitisme » expansif américain confronté à un djihad sacrificiel. Mais toutes les deux en pleine expansion et globalisés !
C’est trop tard à se demander si la globalisation des relations « inter civilisations » est un bon fait ou un danger énorme avec des conséquences incommensurables.
On le serra assez vite car comme d’habitude pendant ces dernières années, la réalité avance plus vite que la théorie.

article de Cleopatra Lorintiu pour la revue"Geopolitica",Bucarest ,juillet 2008.


Notes

1. Toutefois l’auteur écarte le spectre de l’affrontement des civilisations du monde, d’abord, parce que la religion musulmane n’est pas monolithique : outre sa division sunnite -shiite, l’islam est très riche en écoles théologiques, philosophiques (mu’tazalites, al-Ghazali…) spirituelles (soufisme, multiples courants confrériques, betktachisme,) et juridiques. Les sunnites ont aussi cinq écoles principales : malékite, hanafite, hanbalite, chaféite et wahhabite .En shiisme l’école jafarite est prédominante et commune aux imâmites duodécimains et aux séptimains (ismaéliens). (Joseph Yacoub, « Les guerres de religion aujourd’hui et demain » éditions J.-C.Lattès, 2002.)


2. « Le concept du Grand Moyen Orient est flou, pauvre dans sa signification des objectifs de l’administration américaine » affirme Ali Rastbeen président de l‘Institut International d’Etudes Stratégiques à Paris ; « le pronostic de ce projets après l’invasion d’Irak apparaît composé de plusieurs faussetés et ne peut pas bénéficier ni de légitimité, ni de crédibilité. Les Etats-Unis tentent d’imposer son modèle économique et une zone de libre échange avec le Moyen orient en ignorant les problèmes profonds des sociétés arabes…Le projet du GMO est douteux et ne peut pas se superposer au 11 septembre et à la lutte contre le terrorisme »

3 .à l’origine, al-Quaida a été imaginée et mise en place par Oussama ben Laden au début des années 90 comme une structure fédératrice et centralisée destinée à servir de base au djihad mondial, avec une stratégie multidimensionnelle.

4. « Certains sont quelque peu coincés, si je puis dire, par des liens antérieurs ou par des complaisances durables. Et d’autres comportent de larges zones dans lesquels l’autorité de l’Etat ne s’exerce pas (Afghanistan, Somalie…) et ou il est facile aux islamistes de se sanctuariser » affirme Pierre de Bousquet de Florian, ancien Directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST, juillet 2002-2007.)
Entretien conduit par Thomas Hofnung, journaliste au quotidien Libération, auteur entre autre publications de « Désespoirs de paix » éditions Atlantica-Séguier,2001.Politique internationale,n.102, 2003-2004.

5.Roland Jacquart , Atmane Tazaghart : Ben Laden, la destruction programmée de l’Occident ,Révélations sur le nouvel arsenal d’al- Qaida ,éditions Jean Piccolec ,2004.Roland Jacquart est l’un des plus grandes spécialistes dans la problématique d’Al Qaida et d’Oussama Ben Laden. Président de l’observatoire international du terrorisme, expert diplomatique et stratégique il est consulté par les gouvernements du monde entier et notamment par les plus hautes autorités européennes.

6. Pour comprendre la mort en martyr il faut savoir que le Da’wa est l’effort de persuasion sur le non musulmans vers la vrai foi ; ensuite la Siyasa est la politique concrète et diplomatique. En cas de difficulté, on pratique l’Hijra, qui est l’inverse du Hadij’ le pèlerinage au cours duquel on tourne autour de Kaaba. L’Hijra est l’émigration fuyant une domination trop infidèle. Exode vers des terres musulmanes (ou non )où il est possible de pratiquer l’islam. L’Hijra suprême étant l’autosacrifice pour Dieu en vue du paradis : le martyr « Chahid » musulman meurt en combattant et non comme le martyr chrétien au cours d’une persécution.

7. Confessions fait par Kasi, lors d’une interview exclusive accordée à la revue panarabe Al Majalla, le soir précédant son exécution dans la prison fédérale de Virginie, le 14 novembre 2002. Al Majalla no 1189 ,2 novembre 2002.


8.Des Frères musulmanes à Al Qaida en passant par les GIA toutes mouvements extrémistes islamistes actuels s’inspirent de ces penseurs, d’ Hanbal à Qotb, qui se caractérisent par le rejet de toute influence culturelle occidentale et par un théocratie absolu (Marie-Hélène Chals, La démocratie à l’épreuve de l’islamisme, dans Politique internationale, hiver 2002-2003, pg 395

9 .C’est une mutation structurelle radicale qui marque un tournant décisif comparable au grand virage de 1996 qui avait permis à Al Qaida de se mondialiser suite au transfert de sa direction du Soudan au Afghanistan. On assiste en effet à une nouvelle génération de réseaux liés à Al Qaida. La première s’est formée pendant la période soudanaise (1991-1996) quand Ben Laden et son allié Ayman al-Zawahiri le chef de file du djihad égyptien fédéraient les combattants arabes de la première guerre d’Afghanistan.(Les mutations post 11 septembre et L’Emirat euro méditerranéen du djihad » dans « Ben Laden,la destruction programmée de l’Occident . Roland Jacquart&Atmane Tazaghart, éditions Jean Picollec, 2004

10. « La politique américaine au Moyen Orient ? » de Ali Rastbeen ,2005

11. John Mac Gaffin, ancien consultant pour les affaires de contre-espionnage auprès du directeur du FBI. Ancien chef de bureau de la CIA dans plusieurs pays. Consultant de la Commission présidentielle sur les attentats du 11 septembre 2001. John Mac Gaffin est l’un des plus vieux « arabistes » de la CIA. Il a passé à l’Agence plus de trente ans de sa carrière, dont les deux tiers sur le terrain comme chef de poste à Beyrouth, Riyad, Amman,Nicosie et Ankara. Depuis sa retraite en 2000 John Mac Gaffin a multiplié les critiques à l’encontre de la communauté américaine de renseignement en général et du FBI en particulier


Bibliographie :
Bessis, Sophie- Orient Occident la fracture imaginaire, en « Politique internationale », hiver 2002-2003

Charnay, Jean Paul - Principes de stratégie arabe, Théorie et stratégie, éditions l’Herne 2003

Corm, Georges - L’Europe et l’Orient, de la balkanisation à la libanisation, histoire d’une modernité inaccomplie, La Découverte, Poche, 2002


Hecker,Marc chercheur IRIS « Al Qaida ou la méthode Wikipédia »,Le Figaro,9 novembre 2007

Jacquart, Roland &Atmane ,Tazaghart : Ben Laden, la destruction programmée de l’Occident ,Révélations sur le nouvel arsenal d’al- Qaida ,éditions Jean Piccolec,2004

Jacquart, Rolland Les Archives secrètes d’Al Qaida .Révélations sur les héritiers de Ben Laden,éditions Jean Picollec, 2002.

Joannon, Pierre-Au nom de Dieu, en Politique internationale,no.98, hiver 2002-2003, pg .397-99

Mac Gaffin, John : CIA, FBI : un monde presque parfait, dans Politique internationale, ,no102 pg153-170

Rastbeen, Ali -« La politique américaine au Moyen Orient ? »,
dans Géostratégiques , no 9, La politique américaine au Grand Moyen Orient, 2005


Yacoub, Joseph - Les guerres de religion aujourd’hui et demain, éditions J.-C.Lattès, 2002.

Yaiche, Hichem ben La désinformation, inversion du réel dans
Lettres de l’ INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATEGIQUES, février 2007

Mafhoum press ; Web site in Arabic Analyses & Documents in World Politics & Economics http://www.mafhoum.com

Arab World, The Washington Institute for Near East Policy December , 2007

 

 

   
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