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Cleopatra Lorintiu « Elena Boariu »
D’abord j’ai eu l’envie d’appeler
des bijoux ses dessins … le travail est laborieux, d’artisan, les dessins semblent
des très fins en filigranes.
C’est un travail qui demande, une minutieuse attention, car c’est
une sorte d’orfèvrerie ce qu’elle fait.

Chaque dessin propose par contre, d’avantage : une vision,
parfois une confession, une incursion avec ses détours une sorte de solution
plastique pour une tension de la pensée.
En effet, ce que l’artiste fait peut être appelée sonder les
profondeurs. Pas une répétition obsessive .Et quand elle reprends encore et
encore, une ligne, une silhouette, le contour d’un visage elle arrive aux
grands résultats : des dessins magnifiques, dominés par le calme de la
transparence, par la tranquillité des révélations.
Les dessins sembles être de métaphores et ils font résonner
des sont du lyrisme fulgurant.

Il y a une incapacité naturelle de l’artiste de se soumettre
aux règles du jeu du moment, c'est-à-dire, sociale ou mondain.
Elle est loin du contexte, elle est loin de mondanité. Il y a dans toute sa
création un arrière pensée continu, le besoin de beauté…Et pourtant, elle ne
cherche pas toujours la beauté. Les dessins proposent d’avantage, une
incursions dans un monde du pesée, des interprétations des textes aux on n’a pas
pensée, des voix d’accès vers les fortes sombres des peurs et vers les plaines
joyeuses des amours éternelles, vers le calme et la sérénité de la maternité
assumée.
Ce sont aussi les dessins d’un age, plutôt les
paradoxes d’un age . Ils proposent un enthousiasme filtré par la sagesse, une
aventure mystérieuse dans une bibliothèque couvert de toiles d’araignée.
J’ai écrit ce texte il y a vingt ans, pour le dépliant qui
accompagnait l’exposition de l’artiste à la Galerie « Caminul Artei » de
Bucarest.
Les 20 dernières années ont consolidé le coté subtile et l’accès vers l’ésotérique
dans sa création. Beaucoup trop discrète pour ce monde, parcimonieuse avec
elle-même, exigeante et réticente, Elena Boariu fait figure a part dans le
paysage plastique de chez nous.
Sa discrétion d’être n’est pas tout de chez nous, un monde qui veut se vanter
avant tout.
Je l’ai connu , j’étais une très jeune écrivaine dans une maison
d’édition, le conseiller éditorial cherchait une dessinatrice pour
l’illustration de mon livre « L’heure des couleurs » .L’ironie de la
chose était que, par économie, le livre devrait apparaître …avec des dessines
dans une seule couleur…! Il n’y avait pas d’argent pour plusieurs couleurs.

Alors, il fallait trouver quelqu'un qui pouvait sauver la
situation. Vasile Olac, lui-même dessinateur de succès a dit : "C’est Elena
Boariu, elle est la meilleure ! "
Ses mots sont resté dans la mémoire et aujourd’hui, en 2009 , j’ai le même avis.
Elle est la meilleure.
Elena Boariu a signé les illustrations pour
deux de mes livres, en 1979 et en 1980.
Je n’ai jamais eu le sentiment de la
rencontre parfaite entre le texte et la vision plastique. Elle a fait de notre
rencontre un moment remarquable. On est resté amies, et je lui suis
reconnaissante parce elle a transformé en art pur un moment de symbiose
artistique, hors pair.
Elena Boariu

née le 24 octobre 1942 à Dumbrava, Neamt. Institut des Beaux
Arts »Nicolae Grigorescu » de Bucarest, section graphisme. Membre de l’Union des
Artiste plastiques . Dès 1971 a participé aux salons nationale, internationaux ;
elle signé l’illustration pour quelques dizaines de livres, parmi lesquels
beaucoup des livres pour les enfants. Diplômée du meilleure livre de l’année en
1972, prix nationaux et internationaux, mention honorable Bratislava en 1983 ;
Pour une période elle a été illustratrice pour la Maison d’édition "Didactica
si pedagogica "de Bucarest et pour le studio "Alexandru Sahia "de film
documentaire. Des critiques d'art et des écrivains se sont exprimé sur son
oeuvre comme: Corneliu Radu Constantinescu,Cornel Ostahie,Tudor Octavian, Mihai Driscu,Val Munteanu,Vasile Munteanu. Épouse de l’écrivain Tudor Opris dont elle a illustré quelques uns
de ses livres.
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