Cleopatra Lorintiu  
 
 

    

     
 
Cleopatra Lorintiu est écrivain, poète, journaliste, chroniqueuse, éditrice, productrice, réalisatrice TV, grand reporter et ex diplomate
   
 
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Cleopatra Lorintiu « Artur Silvestri »

 

La vocation de la voie solitaire ( récemment apparu  aux Éditions  Carpathia Press, un essais sur l'œuvre de Artur Silvestri) de Cleopatra Lorintiu, avec une préface de Mariana Braescu Silvestri a eu le lancement a Ceahlau , le 29 mai 2009. Artur Silvestri livre de Cleopatra Lorintiu-Cleopatra Lorintiu.com

 

   L’œuvre d’Artur Silvestri est une construction minutieuse et fascinante qui a un sens et un but clair. Son œuvre nourrie de grand fleuve d’idées vie dans le monde fantastique de l’archétype roumain.
  Préoccupé par ses idées d’envergure, l’écrivain est à mon avis un continuateur de substance de l’intellectuel Roumain encyclopédiste, dévoré par la passion de construire une Oeuvre, responsable par chaque geste et par chaque fibre de son être. C’est à dire, l’homme de culture qui se sent responsable de tout ce qui se passe. Il est possible que ce type de vocation nous échappe parfois, en tout cas pourrait être difficile à comprendre par ceux qui l’entourent.
  On est tous à présent, habitués à  une vision « parcellée » de la réalité qui nous entoure et dans laquelle on vit, on ressent une difficulté à approcher les grands esprits. Son œuvre se place dans la ligne crée par l’historien Nicolae Iorga, par l’érudit Bogdan Petriceicu Hasdeu, après par Parvan et de nos jours par Zoe Dumitrescu Busulenga ou Edgar Papu.

   C’est le jeune homme Artur Silvestri qui a ressenti cette vocation de l’œuvre d’envergure. Formé dans une famille qui avait des solides racines dans le sentiment national, il a eu un arrière grand père presque légendaire : il s’agit du dernier métropolite de la Bucovine entre les deux guerres , Tit Simedrea, grand défendeur de l’église emprisonné par les communistes.

    Grand défendeur, lui-même, des valeurs nationales, archétypales et du courant qui soutient l’importance primordiale des périodes anciennes dans la culture Roumaine et qui mets l’accent sur les racines daces de la société roumaine Artur Silvestri a abordé des domaines très différentes : écrivain de prose, critique et historien littéraire, il a eu des laborieuses expériences dans l’investigation du phénomène religieux, les premiers écrivains des monastères orthodoxe chrétiennes , l’histoires des églises ou la restitution des manuscrits totalement inconnus.
   Son coté d’analyse de l’immobilier (à noter le fait que ses préoccupations de ce genre ont a peine estompé sa renommé d’historien ou prosateur dans le grand public!), commence a devenir un peu dans la ligne de l’écrivain classique Roumain Alexandru Odobescu (1834-1895 )avec son «   Pseudokineghetikos » un violon d’Ingres.
    Ses analyses comparatives sur l’immobilier, les maisons, les terrains sont plutôt une étude sociologie et d’anthropologie culturelle qui met pour la première fois dans une analyse comparatives les étapes différentes de l’histoire récente de la Roumanie : entre les deux guerres , la période de l’occupation stalinienne bolchevique, le début du socialisme, la dictature communiste, la révolution, la transition et le capitalisme de datte récente manifesté par l’apparition des « nouveaux riches » et une perte évidente de goût et de qualité culturelle.
   J’avoue que j’ai toujours ressenti une forte solidarité avec ses thèmes favorites qui l’ont affirmé dans le territoire de la culture et que son travail pour mettre à la lumière les manuscrits de Pius Servien, de l’écrivain inconnu Martin de Bracara , ou du byzantin Ioancu . C’est un travail d’archéologie littéraire qu’il a réalisé d’ailleurs dans les pages d’un magazine littéraire « Luceafarul »(entre 1982-1989) , qu’il a essayé d’ailleurs reprendre dans un format Internet sous le nom de « Luceafarul romanesc » une tribune crée pour les écrivains Roumains de partout.
   J’ai écrit il y a peu du temps un essai sur un livre qu’il a publié sur l’œuvre de Zaharia Stancu, écrivain contesté depuis quelque temps. Il faut du courage pour approcher en Roumanie certaines thèmes et Artur Silvestri il l’a ! même dans les textes de critique littéraire, on voit l’écriture du prosateur , son regard d’artiste et son approche de sociologue .
« Sur le Danube venaient les marchands qui créaient des petits commerces, dans les grandes plaines les chevaux des envahisseurs déferlaient au galop, la poussière venue de l’Asie haussa est dans endroit quelconque turque toutes les langues de l’orient se mêlaient, et de tout ce mélange de grecques et des arméniens, des celtes et des bulgares, des slaves, des serbes et des turques c’était plutôt difficile d’isoler un trait autochtone.
Même dans la toponymie il nous reste les traces de ses nouveaux arrivés parce que les noms des fleuves comme « Teleorman », « Calmatui » « Urlui» semblent des reliques d’un idiome asiatique, celte.  Quelle ampleur dans la description , quel verbe ample, enveloppent, quelle atmosphère créé par le critique littéraire qui d’ailleurs fait toujours de la place à l’écrivain, le prosateur capable de décrire des tableaux d’une certaine ampleur. Dans quel but ?
    Tout simplement pour avoir accès a cette perspective anthropologique sur les réalités de la vie sur les bords du Danube en déchiffrant les secrets de l’histoire !
    Tout le tableau dans ce livre est impressionnant, parce que il fait référence aux sources et aux archétypes, crée pour décrire le monde de l’écriture de Zaharia Stancu, que Artur Silvestri synthétise de la manière suivante :

« Cette aperçu primitif est moderne par son radicalisme et irremplaçable comme la sculpture de Constantin Brancusi. Dans la littérature Roumaine le poète doit être considéré comme une expression d’une poésie agraire très ancienne, avant la civilisation sumérienne et qui tire ses sèves de l’écriture de Tartaria. »Inscriptions tartaria Transylvanie-Cleopatra Lorintiu.com

   Conçu en 1987, le livre sur Zaharia Stancu (« La révolte du fond pas consommé » )est la preuve de l’unité de l’œuvre critique de Artur Silvestri. Elle est en elle-même une construction très réfléchie, animée par des grandes idées et qui vit dans le monde fantastique de l’archétype roumain.
   En tant que critique littéraire en même temps, c’est l’écrivain lui-même qui explique mieux la manière de faire la construction de sa prose.
Il ‘agit en effet d’une personnalité complexe, qui n’as pas besoin d’une doublure créé comme c’est le cas de Fernando Pessoa. Cela ne facilite guerre la tache du critique qui fait l’analyse de son écriture mais augmente le délice intellectuel des lecteurs !
   Par exemple dans son volume de proses « Perpétuum mobile. Pièces improvisé pour violoncelle et hautbois »il évoque le nom de Marguerite Duras en créant un monde inspiré par l’écriture de l’écrivaine française .Ce sont des pages qui nous emportent, qui respirent l’émotion artistique, la valeur des sentiments, les rêves secrets, la beauté de l’art et de l’écriture, la confiance dans la nature humaine, dans l’amour et dans la pureté des sentiments.
    Dans la préface de son livre, l’auteur lui-même remarque : « Tout ce que j’espérait apprendre par révélation, miracle ou d’une façon rapide, j’ai vite compris que va rester caché. Il me reste le sens impénétrable des Mondes traduits dans le Temps implacable et dans la répétition éternelle ou nous , on est pendant une petite seconde, indéfinie. »   Maintenant quand tous les amis et tous ceux qui ont lu ces œuvres, tous ceux qu’il a aidé dans ses grades projets culturels, en Roumanie et ailleurs, regrette son disparition prématuré, se sont les livres d’Artur Silvestri (1953-2008) qui nous restent, pour apprendre mieux la substance et la densité de son œuvre.

          La fable de la Voie solitaire

   Disons que la synthèse de la conception sur l’histoire de la culture et de la littérature Roumaine de l’auteur est présente dans un texte de maturité intitulé La Fable de la Voie Solitaire, texte métaphorique et en même temps programmatique (écrit en 2OO5 et qui porte un sous titre « Quelques éléments d’histoire culturelle apocryphe » artur silvestri livre-cleopatra lorintiu.com
    L’auteur s’est proposé à réunir plusieurs études réalisés dans sa carrière afin de constitue « une sorte de prolégomènes d’une histoire culturelle apocryphe ».
    Sa place est essentielle dans l’ensemble de son œuvre car il s’agit d’une quintessence. Autrement dit , c’est la synthèse de la synthèse , exprimé dans de phrases limpides et belles, un sort de conclusion qui ont leurs racines dans d’autres centaines des pages écrites , un sort de "Quat erat demonstrandum. " C’est une autre manière de voir par quel mystère certaines cultures ont survécu et comme l’auteur le dit : "Vue la nature de mes préoccupations spécifiques,j ’expose inévitablement ici le « cas roumain » qui pourrait bien, à mon avis, devenir un modèle et un exemple de méthode, pour l’étude des cultures du Tiers Monde ; Mutatis mutandis, ces principes peuvent s’avérer intelligibles et utiles pour l’élaboration de solutions valables aussi bien à Bucarest qu’à Montevideo,à Tunis ou à Delhi,là ou le mécanismes évoqués se retrouvent dans des proportions différentes. »
   La méthode utilisée pour investiguer ce sort de cultures, particulièrement la culture Roumaine est différente. On n’applique pas la « chronologie universaliste » et la « périodisation canonique » pratiquée par la plupart des historiens des littératures, européens plus souvent. L’enchaînement Moyen Age, Humanisme, Renaissance, Baroque, Modernisme, classicisme, esprit encyclopédique, romantisme et  Risorgimiento est considéré comme inapproprié par l’auteur pour comprendre l’histoire de la culture Roumaine .
   Tout d’abord parce que il y a des catégories totalement inconnus, qu’il y a une tradition byzantine et un Byzance parallèle. C’est le fait de ne pas retrouver en Occident de tradition byzantine, chrétienne- orthodoxe, avec ses fluctuations de visibilité, mais aussi la constance de ses couches profondes, ni de tradition locale prononcée, qui fait la différence Le fait mériterait, pour cette raison du moins, un examen sérieux. »précise l’auteur. Et il le fait.
    Comme j’ai déjà souligné, ce sont les tendances et les œuvres distinctes et originales(surgissant d’un espace non contaminé, ) et aussi des courants littéraires au spécifique certain comme « le style brancovan »(1690-1725). Le romantisme messianique local même tire sa substance de l’époque précédente XVIII siècle, époque de récession dans les manuscrits et de la culture monacale, aux moment des Lumières. La culture Roumaine est crée dans des conditions totalement différentes par rapport aux culture de l’occident européen, la manière d’investigation doit être elle-même différente. C’est un peu la première conclusion en synthèse.
   En effet c’es ça le point de départ, c’est cet approche qui fait la différence et qui situe Artur Silvestri dans la catégorie des auteurs et historiens de la culture qui sont les partisan fervent du courant « proto roumain » et vous allez voir pourquoi.
  Mais restons encore sur l’idée de Byzance parallèle. « Cette énergie secrète, mystérieuse, dont j’ai tenté d’identifier et mettre à l’épreuve les réseau, s’explique en bonne mesure par la contribution du christianisme orthodoxe, par sa matière byzantine en apparence, mais originale, car, la métropole soit vivante ou morte, l’esprit de Byzance avait acquis une certaine consubstantialité dans cet espace marginal du Limes, que l’on pourrait nommer un « Byzance parallèle ».

   C’est ça la première explication de l’intérêt énorme que l’écrivain a eu pour l’investigations des manuscrits inconnu, dont la révélation a été également les sens de la vie du Métropolite Nestor Vornicescu, nomme d’ailleurs par l’auteur « Père de la Patrie » pour son sens visionnaire et ses effort dans l’espace de la culture.
C’est dans la vie monacale que la langue roumaine s’est renforcée, c’est avec les écrivains inconnus, souvent anonymes abrité dans de monastère que cette culture a pu évoluer et conserver les mythes fondamentaux pendant des siècles, pendant les invasions des peuples migratoires, et après pendant les siècles du danger continu de l’Empire Ottoman, présence menaçante, et Empire Envahisseur.
Il faut en même temps comprendre que pendant une demie siècle, entre 1945 jusqu’en 1990, les études parfois dirigées par la censure disons communiste (le terme mériterais un débat, quand même et la période connaît des différence d’approche majeures !) ont diminué les mérites de la littérature et culture monacale. En effet, l’orthodoxie a été le milieu de forger les énergies de la culture, de développer la langue, d’élargir l’horizon et de protéger les mythes essentiels.
« Sous cette couche historique, qui désigne pourtant un noyau européen, révélé par la Renaissance modélisatrice que suscitèrent les gens de lettres rescapés de Constantinople se trouve un gisement indistinct, mais vivant et pulsateur, un noyau mystérieux et qui organise, souvent sans une explication immédiate, des phénomènes à l’apparence non canonique et peut être même tout à fait étrangers.
Nous sommes anciens, souvent au point de ne plus pouvoir identifier nos racines, difficiles à discerner par un regard pressé ou emboué. » affirme l’auteur et de cette perspective on comprend mieux ces préoccupations qui semble très différentes mais qui sont en effet des différentes approches de l’histoire de la culture et civilisation de son peuple. Dans cette clé déjà choisi, on peut lire autrement toutes les incursions dans des monastères, dans des églises perdu ou dans les bibliothèques des grands métropolite de l’église orthodoxe !
N’oublions pas quand même, le contexte politique dans lequel la plupart des textes sur la richesse de la culture monacale ont été publié/ une grande parti ont été publié dans la revue littéraire « Luceafarul » pendant une période de fermeture idéologique quand le simple fait d’être vu à une cérémonie de baptême ou mariage religieux pourrait attirer des graves sanctions ou un blâme ouvert.


  * Prof. Artur Silvestri (1953-2008)


Écrivain, historien des civilisations, promoteur culturel, éditeur, fondateur du consulting immobilier en Roumanie, fondateur d’organisations culturelles et civiques, pour la défense du patrimoine. Spécialiste des questions de la littérature ancienne roumaine, manuscrits religieux et auteur des nombreuses restitutions littéraire.


 

   
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