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Cleopatra Lorintiu « Gabriela Manole
Adoc »
Les albatros métalliques *
Madame Gabriela Manole Adoc, récemment j’ai remarqué votre présence dans
quelques expositions d’envergure au Musée de Cotroceni , au Centre Culturel de
Venise, après à Rome et à la Maison d’Europe, à Paris. Nous voila aujourd’hui
ici, devant une rétrospective de grandes dimensions, au Palais de Parlement à
Bucarest.(1997) Je veux vous poser une question : après une si longue et si
fructueuse activité est ce qu’il y a des rêves dans votre prodigieuse carrière
qui ne se sont pas matérialisés ? Est-ce qu’il y a des projets artistiques qui
ne se sont pas accompli ?

Je vous avoue que oui. Par exemple : les gens du département de Botosani m’ont
demandé a faire un buste de l’historien Nicolae Iorga , j’ai commencé à
travailler ,après quelque temps ,à cause de manque d’argent, ils ont cessé
l’exécution du projet ; ça, par exemple, je le regrette , j’étais très attachée
a cette idée , je suis née moi-même au pays , j’ai vécu à Iasi ou mon père était
prêtre.
En parlant de ça, de votre enfance, de votre famille, est ce que vous
regrettez parfois d’avoir quitter la région de Moldova, qui était plus
tranquille, et ou, parfois, le respect pour la valeur culturelle était plus
présent, qu’ici, au sud du pays ?
Franchement, je ne sais pas quoi dire… dans un sens je peux dire que j’allais
très souvent la bas, j’avais besoin, la ville de Iasi me stimulait, me
renforçait, il y a peu de temps j’ai fait une importante donation de mes dessins
au musée de Iasi .C’est vrai que là-bas c’est un milieu moins hostile qu’ici à
Bucarest.
Parlons un peu des artistes plastiques que vous aimez, qui vous semble
d’une grande valeur.
Tout d’abord mes anciens professeurs Ion Irimescu et Corneliu
Baba . Ils ont été mes professeurs, pour une période à Iasi . C’était une
histoire … je vais vous le raconter:

Mon père c’est investi à bâtir une
église orthodoxe à Iasi, dans l’endroit qui port le nom de « Copou » et il a
approché Nicolae Iorga, l’historien, dans cette activité laborieuse. Iorga a mis
sa propre poche un million de lei en 1937 pour bâtir cette église, donc lui
est l’un des bâtisseurs de l’église. L’architecture est signé par Ghica Budesti
, dans le style des églises bâti par Etienne le Grand.
A cette occasion j’ai connu Corneliu
Baba, en 1939. C’est lui qui a peint l’iconostase, une peinture d’une grande
beauté.
A l’époque j’était étudiante, ils a regardé mes dessins et il m’a encouragé
continuer mon travail.
La guerre a commencé, des années
très dures sont venues, on était tous des réfugiés.
Quand on est retourné, après la guerre, je me suis inscrite aux Beaux Arts et
cette fois j’ai rencontré de nouveau Corneliu Baba. C’est le ministre Petrovici
qui l’avait engagé à l’époque.
Et par celui-ci il y était une
liaison très proche avec un professeur universitaire, ami de mon père. Je peux
vous dire que Baba était très apprécié à Iasi, le monde le considéré comme le
plus important peintre, il avait déjà peint « Le jouer d’échecs ». Après il a
été exclu de l’école, comme « cosmopolite et formaliste » ,c’était l’époque des
dénigrassions de type stalinien, une époque qui niait les valeurs
autochtones. Et après il est venu à Bucarest …Voilà l’histoire… tout ça pour
vous dire quels sont les peintres qui ont marqué ma carrière artistique.
En
parlant des dénigrassions et « du temps destructeur » des années
’50…est ce que vous remarquer que le présent les
ressemblent? des certaines attitudes de nos jours, ça ne vous
choque pas ? C’est dommage que des critères politiques
remplacent peu a peu des vraies positions des critiques :Il me
semble qu'on vit un moment de l'histoire quand c’est
plus simple de détruire et de nier que de construire ou tout
simplement, reconnaître?

Je suis d’accord on vit malheureusement aujourd’hui une époque trouble dans
laquelle un fausse manière de juger les choses s’est instauré. A mon avis, une
nouvelle perception dans la vie sociale du pays ne dot pas nier les choses de
valeur qui ont été faites pendant une centaine d’années.
En revenant à votre carrière artistique : je remarque le fait qu’il y a des
artistes qui se perfectionnent dans un domaine précis. Mais vous avez accepté
les provocations du matériel, même les provocations des tendances dans la
sculpture ...
Moi, je me suis adapté toujours au matériel et au sujet ! par exemple quand
j’ai fait Les Albatros en 1965, œuvre en acier inoxydable pas tourné mais dans
des feuilles modelées en acier, soudés de l’intérieur, n’oubliez pas que c’était
la première œuvre plastique en acier au pays.
Vous êtes connu spécialement pour votre œuvre monumentale "L’Indépendance
"pour laquelle vous avez collaboré avec votre époux,l'artiste plastique Gheorghe Adoc , celui qui a
signé les bas-reliefs.
En 1977 un concours a été organisé pour sept monuments à l’occasion de la
commémoration de l’Indépendance ( 1877, l’indépendance de la Roumanie ) C’est le
jury dont Horia Flamandu faisait partie qui nous a déclaré gagnants.
Chère Madame dans ce nouveau contexte caractérisé par des luttes entre les
adversaires et des querelles intestines, vous croyez que vos collègues
commencent a vous reprochez le fait d’avoir fait des monument essentielles pour
l’histoire des Roumains ?

J’ai peur que oui…
interview réalisé en1997.
*Gabriela Manole Adoc artiste plastique, sculpteur
Roumaine et auteur des œuvres d’art monumental (née le 14 novembre 1926, Plesani,
département de Botosani – mort le 17 juillet 2002 Bucarest)
Membre de l’Union des Artistes Plastiques depuis 1954. Début en 1966 avec „les
Albatros” première statue en Roumanie en acier inoxydable placée au bord du Lac
Herastrau à Bucarest.
Parmi les oeuvres les plus connus: le buste de Nicolae
Iorga a Iasi, La statue de l’Indépendance à Iasi ( en collaboration avec son
mari, le sculpteur Gheorghe Adoc ,1975)
Autres oeuvres :La jeunesse”(Boulevard de la Métallurgie, Bucarest) ;La
Poésie ( L’Hôpital Fundeni, Bucarest)
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