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Cleopatra Lorintiu « Gabriel Popescu
»
J'ai connu Grabiel Popescu *grâce a
Margaretta Zirra , ancienne ballerine du Théâtre musical d’opérette "Ion Dacian
"de
Bucarest .

Tant de souvenirs nous liaient ensemble.
J’avais écrit des pages sur sa vie et celle de son mari, l’écrivain et
réalisateur de radio, le professeur Guy Pariseau . J’étais chez eux, dans leur
maison d’Alberta, près d’Edmonton, fin de l’année 2000.
A l’occasion de son retour a Bucarest , Margareta Zirra a insisté pour me
présenter Gabriel Popescu qui, par chance, se trouvait a Bucarest, venu d’Italie
ou, même à son age, signait encore des chorégraphies comme maître de ballet pour
la Troupe de "Marinel Stefanescu et Liliana Cosi ",en Italie.
Le nom de Gabriel Popescu représentait beaucoup pour la génération de nos
parents ainsi que pour l’histoire du ballet contemporain européen.
Par contre ,c’était un peu difficile d’expliquer aux jeunes
d’aujourd’hui pourquoi le ballet classique était si aimé à cette époque et
comment Gabriel Popescu était une pointure!
Il a accepté facilement de répondre à mes questions.
Malheureusement , je n’avais pas obtenu le droit de faire un tournage
professionnel pour la Chaîne publique de télévision ou je travaillais.
Comme d’habitude, les décideurs du moment n’étaient pas au courant de son
activité et le ballet ne semblait pas du tout une priorité !Quoique le
président du pays ,à l’époque M. Ion Iliescu ,avait organisé une soirée festive
a l’Opéra pour rendre hommage aux artistes de l’Opéra et du ballet et leur
remettre la médaille d’Or de grand chevalier! Parmi ceux-ci ,Gabriel Popescu.
Alors j’ai pris ma camera VHS,(!) une
antiquité, et je suis allée chez Ileana Iliescu pour le
filmer; je ne pouvait pas le décevoir.
Comme je n’avais pas d’opérateur, je l’ai fixé sur le pied et j’ai commencé
lui poser des questions.
J ’avoue qu’il était enchanté, il répondait vite aux questions
,lui, le professeur de ballet des célèbres Carla Fracci, Maria Haydee , le
danseur étoile de l'Opéra de Zurich, le grand médaillée de Moscou , la vedette
sur la scène du théâtre Kirov, le chou chou des grands couturiers parisiens et
l'ami de Rudolf Noureev .
Mais d’abord, il a attaqué un grand gâteau chocolat avec Margareta , bien sur ,
tous les deux, des septuagénaires qui on fait du régime toute la vie et qui
pouvaient maintenant se régaler avec un bon dessert à volonté.

On a parlé des heures … du ballet, des amis et des ennemies, de l’opéra, de la
mode et de Bucarest. Après cette première rencontre, j’avais l’impression qu’on
se connaissait depuis des années. Ce n’était pas vrai, les années quand il
brillait sur la scène de l’Opéra et il recevait les plus grand prix
internationaux, je n’était pas encore née.
Voila un petit extrait de l'interview :
Cleopatra Lorintiu: M.Gabriel Popescu, vous êtes une
référence pour ceux qui aiment le ballet en Roumanie. Vous avez marqué par votre
activité artistique un moment brillant pour les années 50-60.
Il faut également
reconnaître que les nouvelles générations ne sont pas au courant de cette
période , un peu laissée aux oubliettes . Vous étés revenu à Bucarest après tant
d’années passées à l’étranger, en France et en Italie. Est-ce qu’on
pourrait remémorer un peu l’atmosphère des années soixante ? Quand vous avez
commencé à danser sur la scène de l’Opéra de Bucarest.
En 1948, dans la première du spectacle du « Coquelicot Rouge », fait par un
maître danseur russe. On vivait des temps troubles J’ai dansé pratiquement dans tout le
répertoire Roumain de l’époque pendant 19 ans de ballet, jusqu’en 1965.
Et comment était l’Opéra a l’époque ?
C’était une folie ! Moi, je dansait avec Irinel Liciu , je me rappelle nos
grandes succès.
Les salles étaient pleines ?
Pleines ? C’est peu dire… Quand on dansait, parfois, on
n’entendait plus la musique à cause des applaudissements. C’était vraiment
l’époque d’or de l’opéra, quand Nicolae Herlea, Loghin, Zenaida Palli et tant
d’autres chanteurs merveilleux se produisaient sur scène.
Et qui étaient les maîtres de ballet qui signaient la chorégraphie
?

La vérité est qu’ils signaient la chorégraphie, mais sur des pas, que nous
avions crée.
Il ont eu leur importance dans un certain sens, je ne peux pas nier par
exemple le tallent de Oleg Danovschi ou de Romanovschi.
Mais l’intimité du danse, c’était à nous de le faire.
Je vous le dis avec sincérité, j’a été toute ma vie très sincère, même j’ai
souvent perdu à cause de cette qualité . Mais personne n’a pu m’enlever mon
tallent et ni ma capacité artistique. Et même si j’étais détesté parfois, a cause
de ma mauvaise langue, on n’avait pas le courage de me le dire en face. Oleg Danovscki avait le génie d’un chorégraphe mais ils n’avait pas la capacité de
créer les pas. Ils y étaient des milliers des pas, et moi, je donnais toujours
la solution. Je savais toujours quoi choisir pour notre couple de ballet.
Mais, a part votre tallent et le tallent de Irinel Liciu , qu’est ce que vous a
rendu si célèbres a l’époque ?
Nous deux, on a réussi a faire un couple comme un violon et l’arche. J’étais
comme un gant pour la danse de Irinel. On s’est entendu d’une merveilleuse
manière et on a réussi une performance absolue ; On faisaient cinq ou six
spectacles de valeur comme Shéhérazade, Le Lac
des cygnes , Le tricorne. Tout le
monde venait à l’Opéra, même les chefs d’état,Gheorghiu Dej, Tito ..;
A quelle occasion vous étés resté a Paris ? En sachant qu’il n y était pas
une route de retour ?
C’était le Festival des Champs Élysée.
Peut être il fallait nous dire des choses sur vos succès. Vous savez que à
l’époque les informations ne circulaient plus et le nom des artistes qui
quittaient le pays communiste était effacé.
Peut être je devrais écrire mes mémoires … maintenant on est ensemble,ici a
Bucarest, chez Luli (Ileana Iliescu n. n.) normalement on devraient parler des
jours entiers entre nous tous ,et ça pourrait nous faire revivre ce temps la
..faire un livre ensemble. Est ce que vous voulez vous joindre a nous et qu'on
écrivent ensemble une histoire de ce temps-là?
Des que je suis est arrivé a Paris, tout le monde m’a aidé:
Margot Fonteyn (18 mai 1919 - 21 février 1991,danseuse étoile d'origine
britannique n.n.), Rudolf Noureev,
Christian Dior, David Wibson de Covent Garden,des grandes
personnalités du monde artistique parisien . J’ai dansé, j’ai eu du succès,
après ça j’ai dansé beaucoup à Zurich ou j’étais maître de ballet . A Zurich
j’ai invité d’ailleurs des chanteurs roumains en utilisant mon influence auprès
des directions artistiques; comme Zenaida Pally, Nicolae Herlea, David Ohanesian, Octav Enigarescu ,Ion Buzea, je ne me rappelle pas pour l’instant
tous les noms ...
NB :On n'as pas écrit ce livre. On ne s'est plus
rencontré. Je suis partie à Paris , l'automne de la même année. Il est resté en
Roumanie, quatre années plus tard, il nous a quitté. Pour toujours, cette fois
ci.
*Gabriel Popescu a été l’un des danseurs étoile
légendaires du ballet Roumain et européen. Il a commencé a danser a 16 ans, sur
la scène de l’Opéra nationale de Bucarest, en 1948 . Une années plus tard il a
été sélectionné par Balshoi Théâtre (BOLSHOI )a Moscou pour des cours des danses ou
il a été lauréat du prix d’état. Ainsi médaillé avec la médaille d’Or au
Concours du Ballet de Moscou ou s’affrontaient les plus grandes danseurs du
monde, médaillé en or au Concours de Berlin et Varsovie. En 1964 il reçoit le
Grand prix à Moscou pour l’exceptionnel pas de deux dans le Ballet Don Quichotte,
ayant comme partenaire la danseuse étoile Larisa Sorban de l’Opéra de Cluj .
Ces années il danse comme partenaire des grandes ballerines comme Olga
Lepeshinskaya, Ala Ossipenko, Maia Plisetskaya, Natalia Makarova.
Au ballet de Bucarest le répertoire inclus de ballets Roumain et Russes,
inspiré des danses folkloriques comme : Călin, Iancu Jianu,
Fontaine de
Baccisarai, Le Coquelicot Rouge, des ballets de Glazunov.
Avec Irinel Liciu, ils ont formé un couple mythique dans le ballet, acclamé
,ovationné, avec un succès inégalable.
En 1965 ses difficultés avec le régime communiste et le manque du respect
envers sa vie privé le font demander asile politique à Paris.
La citoyenneté
britannique lui a été refusée. (On disait à l’époque : “one Nureyev is enough
for Britain”).
Il a dansé en Suisse et en Grande Bretagne, après il devient
Soliste, danseur étoile,maître de ballet et chorégraphe à Zurich Opéra, et après 1975 à Berlin
Opéra.
Il commence une belle carrière en Italie près de la Compagnie de ballet de
Marinel Stefanescu et Liliana Cosi dans la Région Reggio Emilia.
Il a collaboré avec l’Opéra de Rome," La Scala di Milano", Le
Théâtre de
ballet de Turin, Veronas Arenas. Gabriel Popescu a été le professeur personnel
de Carla Fracci, Gheorghe Iancu and Marcia Haydée .
Maître de ballet à Marseille,assistent
des chorégraphies signées par Maurice Béjart, Glen Tetley, Uwe Scholz. Pendant les
années 2000 il retourne dans son pays natale, la Roumanie .Le président de
l’époque M. Ion Iliescu, le décore de l’ordre de Grand Chevalier des Arts ,2002.
Ses rêves de pouvoir encore travailler avec le ballet de l’Opéra
Roumain sont vaines et il s’éteint peu de temps après son retour au pays.
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