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Cleopatra Lorintiu « Tudor Opris »
Dialogue avec Tudor Opris :
Écrivain, pédagogue, botaniste et animateur culturel du mouvement littéraire des
jeunes poètes

Il y a des gens qui portent en eux même la générosité de faire apprendre
aux autres : Le professeur Tudor Opris est un sorte de Don Quichotte
plein de grâce, générosité , grand maître de calambours est d' étincelantes
combinaisons d'idées.
Écrivain de grande culture et maître d’une énorme documentation, esprit
espiègle et chercheur doué d’une énorme capacité de travail, le professeur Opris
est un altruiste.

Dans le film que j’ai réalisé sur sa carrière professionnelle on a inséré
également des tournages fait dans le parc de Cismigiu, a Bucarest, auprès du
Collège National Gh.Lazar ou il enseignait a l’époque ainsi que chez lui,
accompagné de son épouse, l'artiste peintre et dessinatrice Elena Boariu Opris,
celle qui a accompagné par ses dessins inspirés tant de livres publiés par le
professeur, particulièrement la plupart de ses poèmes.
Bien sur, ces dialogues ont été tournés sous l’œil du cameraman pour
garder la mémoire dans un film, parce que j’ai insisté de le faire.
Mais tous les autres dialogues, enflammés et souvent incendiaires, quand
le professeur brûle les idées et on ne peut plus placer un mot, quand
l’information surgit comme un volcan avec tant d’humour et de nostalgie, tous
les souvenirs et toute son énorme capacité de se remémorer, d’évoquer, font du
professeur un personnage totalement unique, insolite et irremplaçable.
Le sourire toujours aux lèvres, naturel et généreux, le professeur a reçu
pendant des dizaines d’années des milliers des lettres de la part de jeunes qui
écrivaient leurs poèmes : tous ceux qui débutaient dans les revues littéraires
et qui lui demandaient de l’aide, des soutiens ou des conseils.
En effet son attitude n’a pas changé pendant les 40 dernières années.
C’est une construction énorme et totalement altruiste, un soutien continu
accordées aux jeunes qui aspirent a faire de la littérature, écrire et peut être
devenir des journalistes ou des écrivains.
Voila quelques extrais de ces dialogues :
Enseigner, un métier qui oblige
Cleopatra Lorintiu - Monsieur le professeur ici, où on fait aujourd'hui
notre tournage, c’est en effet votre ancien route vers l’école ou vous avez
enseigné des dizaines d’années.
Tudor Opris - C’est vrai. J’ai parcourus ce chemin plus d’un quart de
siècle. Ici, dans le Jardin de Cismigiu situé au centre du Bucarest, mon
professeur, le réputé botaniste Ion Simionescu m’a enseigné le nom des plantes,
des herbes aromatiques et comment les identifier.
Je me réjouissais toujours quand je traversais ce parc, comme Anatole France
dans le célèbre jardin du Luxembourg et je me souvenais du professeur Simionescu,
ses fleurs et le chemin qu'on parcourais ensemble.
Vous êtes le même aujourd'hui, vous manifestez la même générosité et
disponibilité envers les enfants et les jeunes d'aujourd'hui ainsi qu'envers les
jeunes d'il y a un quart de siècle.
C'est un métier qui oblige. On doit avoir une solidité biologique mais en même
temps on s'arrête d'une certaine manière a l'âge de tes élèves. On n'oublie pas
qu'ils vous jugent tout le temps, qu'ils vous observent.
Et seulement en tant
que professeur on peux les juger en comparaissant les générations qui se
succèdent. En plus, je crois a une théorie qui peut être n'est pas confirmée au
point de vue scientifique : l'idée du bio transfère .Quand vous travailler au
milieu des enfants, c'est une partie de leur énergie, qui autrement se
dissiperaient dans l'univers, qui vienne vers le professeur et le rajeunit
constamment.
Vous avez enseigné tant des générations, vous avez sans doute un œil de fin
sociologue ainsi que de pédagogue. Est-ce qu'il y a des énormes différences entre
ces générations ?
Il y a des traits éternelles de toutes les générations d'enfants, des
paramètres invariables biologiques et psychologiques. Il y a également des
différences par rapport aux modes, mentalités, système de s'informer qui rendent
aux jeunes d'aujourd'hui une sorte de précocité extraordinaire, une capacité
d'intuition de comprendre les phénomènes. A quatorze, quinze ans ils laissent
l'impression qu'ils sont des personnes qui devancent leur âge. Mais si on les
provoque un peu, on les amène vers leur âge biologique on se rends compte que
l'enfance est éternelle, toujours la même.
" L'expérience de l'école a influence ses livres"
Est-ce que cette expérience de l'école vous a inspiré dans
les livres que vous avez publiés ?
Certainement. D'abord le contact permanent avec les élèves m'a appris
énormément .Il m'a enseigné la manière dont je dois user dans le dialogue. Après
il y avait une sorte de commande sociale, un besoin d'information et de lecture.
C'est curieux mais tout le monde évite maintenant de parler d'une demande
sociale .Peut être c'est un syntagme qu'on devrait réévaluer. Il y a des
souvenirs noirs qui nous poursuit d'une certaine époque.

La vérité c'est qu'il y a une demande sociale dans le sens que, chaque
génération a ses nécessités de savoir, d'apprendre.
Malheureusement on ne vient pas toujours a l'aide des jeunes. La société
leur offres ce qu'il y a de plus facile, assez spectaculaire et aussi pas cher.
Suite a ça, on a l'impression qu'il y a maintenant une génération plus
superficielle ou moins motivée que la notre, par exemple.
Ou on a l'impression
qu'elle fait trop de compromis, de concessions qu'elle néglige des aspects
fondamentaux, qu'elle oublie l'introspections. Qu'elle évite de se regarder dans
le miroir intérieur et savoir trouver ses traits spécifiques de sa vrai
personnalité.
En réalité les enfants souffrent parce que nous, les adultes on ne sait
pas découvrir leurs vrais nécessités.
Je crois, pour en revenir à mes livres et au fait qu'ils sont lus également par
des jeunes et des adultes, que j'ai découvert ce que les lecteurs désirent
savoir et comment communiquer ça.
Moi même je vous ai rencontré pour la première fois il y a plus de 27
ans. Il y a tant des générations d'enfants et d'adolescents qui vous ont
rencontré avant et après moi, bien sur. Mais la chose qui m'a toujours frappée
est cette énorme capacité que vous avez de tout recommencer avec chaque enfant
qui vous semble en avoir du talent littéraire, car vous avez amené a la lumière
et vous avez influencé d'une certaine manière des centaines des jeunes.
On pourrait dire, des générations des journalistes et d'écrivains.
L'apprentissage c'est un processus de répétition, et « volens nolens » on doit
respecter un rituel didactique avec chaque génération d'élèves. Mais c'est vrai
que pour éviter la monotonie et l'ennui didactique on dois faire un effort
continu de renouvellement .C'est presque un pari à faire avec chaque génération
d'enfants, d'être toujours quelqu'un de nouveau et de rester fidèle a soi-même.
(Il y tant du monde qui le connaît, lui-même connaît beaucoup de monde, tant
d'écrivains et surtout des détails vu leur début littéraire, les premiers pas
faits dans le monde de l'écriture, leurs premiers apparitions dans des journaux
locaux ou dans la revue « Langue et littérature pour les élèves ».)
C'est une performance qui rapproche une carrière pédagogique de celle d'un
comédien. Mais les comédiens créent des personnages et nous, les professeurs on
présente nous même sous des divers hypostases, qu'on trouve les meilleurs pour
les générations qui se succèdent.
Je trouve que c'est la perspective de l'interdisciplinarité celle qui
pourrait caractériser votre œuvre.
Vous avez bien remarqué mon intérêt pour cette perspective. L'anthropologie nous
enseigne que l'homme est le centre vibratile de notre univers qui nous entoure.
L'enfant peut comprendre cet univers qui l'entoure seulement quand on fait des
liaisons, des connexions d'idées avec les choses qu'il connait. Toutes les
choses qui sont trop limitées à un domaine restreint, le dérangent, met une
sorte de limite pour son apprentissage.
Le Cénacle littéraire
Sagetatorul (Le Sagittaire)
M. Le professeur, nous voila dans le Jardin de Cismigiu, c'est un sort de
cœur de la ville, en plus c`est très près de l'endroit ou vous avez animé
presque moitie de siècle un cénacle littéraire Le Sagittaire. Rien de vous a
découragé, ni les pressions, ni l'indifférence après la chute d 'un régime
totalitaire, vous avez continue cette activité d'une manière imperturbable.

Le sagittaire a été l'une des plus belles aventures et, dans une certaine
mesure, l'hommage que j'ai rendu a tous mes professeurs, ceux qui ont réussi a
l’époque rassembler les jeunes et créer une génération littéraire.
Moi, je l'ai fait d'une manière modeste mais ce que j’ai voulu c'est de
ressusciter l'esprit critique de Titu Maiorescu ou l’esprit de Lovinescu dans
une époque dans laquelle il n'y avais pas vraiment le goût d'une vraie poésie.
Pour ceux qui ne savent pas il faut préciser qu’ils existais des contraintes
pendant les années 50-60 et même après, pour la thématique des poèmes, pour la
forme et ainsi pour l’esprit qui l’animait. D'une certaine manière les régime
dictatorial arrivai a imposer un sort de pression sur les journaux et les
maisons d’éditions, en utilisant la littérature comme propagande.
Mais cette tentative de rompre les chaînes, de casser l’horizon imposé c’est
fait remarquée dans deux moments : d’abord la génération de Nichita Stanescu,
Cezar Baltag, Marin Sorescu et après la génération suivante, celle du Cénacle
Sagetatorul quand tous les écrivains ont réussi a respirer en plein communisme
une bouffé d’air frais.
Et ils on préparé leurs façons de penser, de lire, d’écrire pour être réceptifs,
aujourd’hui dans une époque qui leur permets une libre expression.
Petit parcours autobiographique
Votre maison est pleine des preuves de fidélité et confiance de la part de
tous ces adolescents, des poèmes, des livres des manuscrits, des lettres
envoyées de partout. Depuis combien d'années les enfants vous demandent votre
avis ?
Depuis plus de 54 ans. Quand j’étais encore étudiant j’avais déjà organisé un
cénacle littéraire auprès de la faculté des belles lettres, avec le soutien du
professeur Papadima.
C’était en effet un cénacle itinérant qui dérangeait un peu les cénacles
officielles, disons avec une approche marxiste de l'époque, faits par ceux qui
après 1948 sont devenus des professeurs d’universités. Mais je me rappelle même
avant quand j’étais encore collégien, je dirigeais le Cénacle auprès du
Monastère Dealu, près de Targoviste.
Vous avez eu, dès que vous étiez jeune, cette aventure culturelle dans votre
sang. C'est un héritage de votre famille, je crois ? Je me rappelle très bien le
jour quand je suis venue chez vous, dans la maison située sur la rue qui portait
le nom de votre grand père, Ilie Opris. Je me rappelle également que votre père,
le vieux général de l'armée roumaine pendant la deuxième guerre mondiale, qui
était au sommet d’un cerisier du verger ou il faisait la cueillette de cerises,
Il venais d’avoir 85 ans ….quelle vitalité !!!
C’est un esprit libre, un esprit d'aventure et de courage qui reine dans votre
famille.
En ce qui concerne ma famille je peux vous dire que, d’abord mon grand père m’a
beaucoup influencé. On dit souvent que les grands parents ont une influence plus
importante que les parent, qu'ils arrivent a nous faire apprendre des choses,
même si il y a une distance dans le temps, une distance de génération c’est a
mon grand père que je dois ma passion pour les sciences naturelles.
Du coté de ma mère et de mon oncle j’ai hérite mon sens artistique.
Ma mère était musicienne, poète, mon oncle était professeur des belles lettres.
Quant à mon grand père, il était également un grand pédagogue ainsi qu’un
naturaliste.
Pendant que mon père était sur le front, pendant la guerre, mon grand père
s’occupait de moi et m’amenait avec lui. Quand j’avais onze ans, la flore
n’avait plus des secrets pour moi !
J’avais déjà un maître spirituel, le grand naturaliste le professeur et écrivain
Ion Simionescu qui rendait visite assez souvent à mon grand père à Campulung
Muscel.
Là-bas il y avait un noyau culturel, des poètes comme Ion Pillat et Ion Barbu.
J'ai aperçu dans mon enfance le grand historien Nicolae Iorga qui venait chez
nous.
C'était un fief électoral et politique jusqu'en 1938 quand la dictature royale a
été instaurée.
J’ai un autre souvenir de notre première rencontre qui m’a évidemment
marquée.
C'était madame Aghata Grigorescu Bacovia, la veuve du grand poète George Bacovia
qui était venue chez vous, rendre visite a votre mère. Avec un chapeau énorme
mais encore en plein esprit, elle est entrée dans la cour de votre grande maison
de l’époque. Donc vous avez eu une enfance dorée, fascinante, parmi
personnalités de la culture roumaine d’entre les deux guerres mondiales.
Vous avez raison. Quand j’étais enfant on avait deux voisins illustres : d’un
cotée c’était Tudor Arghezi, dans son domaine appelle Martisor, a une station de
bus de moi, et l’autre était Bacovia ou j'allais très souvent, car ma mère était
une amie de madame Agatha.
Comment avez-vous ressenti le fait que votre rue portait le nom de votre
grand père ?
Enfin, ça aussi c’est une histoire à raconter. Mon grand père était un grand
démocrate, il faisait partie d’une famille de patriote de Transylvanie, de
Sibiu, et était poursuivi par les autorités autrichiennes de l’époque, donc il a
du s’enfuir et traverser les Monts Carpates, se réfugier en Roumanie. C’est
comme ça qu’il est arrivé a Bucarest, avec ma grande mère qui était enceinte
avec mon père. Pratiquement mon père est né à Bucarest. Alors mon grand père qui
avait des amples connaissances de cadastre et d’organisation des terrains a
rendu service aux personnes importantes de l'époque comme Barbu Paltineanu et le
directeur de l’École Normale de Bucarest.
Ils ont apprécié son effort et ses connaissances dans le domaine.
Et lui ont confie la tache de partager les terrains qui se trouvaient vers la
rue Soseaua Viilor (La Chaussée des Vignobles) jusqu’en bas vers la prison de
Vacaresti. C’est mon grand père qui s’est occupé de cette organisation
cadastrale des terrains, il a fait des petites parcelles, il les a vendu a
des prix modestes et pratiquement ce quartier est né de cette manière.
Et la première rue qui a été construite a porté son nom, c'est à dire Ilie Opris,
parce que les gens qui y vivaient ont désiré ca.
Revenons a votre relations, je dirais qu'elle est fascinante, cette
relation continue avec les enfants des différentes générations.
C'est assez explicable parce que dans ma famille ils y avaient beaucoup d'enseignants, des; professeurs, même a la campagne. Je crois qu'ils m'ont
transmis un chromosome, la passion d'enseigner.
A l'école maternelle j'étais le seul garçon dans une classe de filles et j'étais
très aimé par elles, j'étais leur chouchou. Mais quand je faisais des bêtises
elles m'égueulaient et après j'étais très calme presque une semaine…
Votre appartement est plein aussi de signes graphiques car votre épouse
c'est une artiste renommée. Elena Boariu Opris a mis son nom sur des dizaines
des livres et aussi des manuels scolaires ainsi que sur une partie de vos
livres.
Mon épouse est généreuse et même parfois elle a une autre vision des
choses, on arrive jusqu'a la fin de trouver un langage commun. D'abord elle a
illustré mes livres de poèmes et après, comme elle aime les plantes et les
animaux elle a illustré quelques uns de mes livres de biologie.
Vous avez écrit et publie parallèlement vos livre de littérature et les
livres scientifiques.
Les français appellent cette littérature de vulgarisation, c'est a dire ils
approchent les livres de leurs lecteurs.
J'ai été toujours intéressé de faire une synthèse entre l'exactitude de
l'information scientifique et l'accessibilité de la lecture et aussi le charme
de l'écriture.
Dans ces livres, j'ai amené plus près les lecteurs, du monde de la botanique, de
la zoologie, des sciences naturelles en général, la biophysique, la géologie.
C'est vrai que chez nous, en Roumanie les critiques n'aiment pas cette sorte de
littérature qu'ils considèrent marginale. Tant pis pour eux.
Je n'ai pas vraiment besoin du vote des critiques snobes mais du vote de mes
lecteurs. L'UNESCO apprécie vraiment cette sorte d'activité
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